Gestion et corps enseignant

De quelles pédagogies parle-t-on ?

Nouvelles pédagogies
Les pédagogies nouvelles forment un courant qui dé-fend le principe d'une participation active des apprenants à leur formation. Dans cette approche, l'apprentissage com-porte une certaine accumulation de connaissances, mais il permet surtout le progrès global de l'apprenant en tant que personne. Pour y parvenir, le formateur doit identifier les intérêts de l'apprenant et développer des méthodes actives basées sur l'exploration et la coopération. Cette approche de la pédagogie cherche à développer les différentes capacités de l'individu (intellectuelle, artistique, manuelle, sociale, etc.).

John Dewey (1859-1952)

John Dewey est l’un des fondateurs de la philosophe pragmatique, reconnu dans son temps pour son attache-ment politique à la démocratie et à l’intégration de l’activité en pédagogie.
Professeur à Chicago, Dewey a testé ses hypothèses dans des écoles-laboratoires avec des enfants de quatre à seize ans, durant huit ans. Son principe fondamental est que l’on apprend par l’action (learning by doing). Sa théo-rie de la connaissance affirme un lien très fort entre la théorie et la pratique ainsi qu’entre la démocratie et la li-berté, ce qui explique, entre autres, son importance pour les apprentissages professionnels. Selon lui, les enfants sont des êtres actifs qui apprennent par l’expérience, en se con-frontant à des problèmes, en mobilisant leur pensée. Dans un courant pragmatique et en opposition à une épistémolo-gie dualiste, la pensée, selon Dewey, a une fonction média-trice, instrumentale, formée pour permettre à l’espèce hu-maine de survivre. Ainsi la pensée doit être mise à l’épreuve de l’action (ce qui est le cas aussi pour sa propre théorie sur la connaissance). Il organise l'apprentissage par l'expérience en cinq étapes : la reconnaissance du pro-blème, sa définition, l’identification des solutions pos-sibles, l’identification des résultats attendus et la mise à l’épreuve de la solution.
L’enfant qui débute l’école n’est pas une tabula ra-sa, mais un être actif qui a déjà réalisé de nombreux ap-prentissages. L'école doit soutenir et développer cette acti-vité d'apprentissage en la liant aux intérêts de l’enfant et en développant les intérêts particuliers qui permettent les apprentissages fondamentaux. Le travail de l’enseignant est alors d’intégrer les sujets d’étude dans l’expérience de l’enfant. Pour Dewey, une éducation passive ne peut favo-riser ni l’acquisition des connaissances ni le développement des qualités de la personnalité. Ses idées principales sont exposées dans Démocratie et éducation (1916).
Si la philosophie doit être autre chose que de vaines spéculations invérifiables, il faut qu'elle soit animée par la conviction que sa théorie de l'expérience est une hypothèse qui ne se réalise que pour autant que l'expérience est effective-ment modelée en accord avec elle. Et cette réali-sation exige que l'homme soit mis dans des dispo-sitions d'esprit telles qu'il désire et recherche ce type d'expérience. […] L'école constitue le lieu indispensable où une philosophie se concrétise en réalité vivante.
Par rapport à l’éducation démocratique, Dewey est, là aussi, cohérent avec sa théorie. Il affirme que pour déve-lopper le sens social et démocratique des élèves, l’école doit être un modèle d'une communauté démocratique, « une institution qui soit, provisoirement, un lieu de vie pour l'enfant, où l'enfant soit un membre de la société, ait conscience de cette appartenance et accepte d'apporter sa contribution. ».
Mais pour parvenir à une telle éducation, les ensei-gnants doivent être particulièrement bien formés et haute-ment qualifiés, à la fois dans la matière qu’ils enseignent et en psychologie du développement.

Maria Montessori (1870-1952)

Maria Montessori, première femme médecin d’Italie et pédagogue, a, elle aussi, eu une très grande influence sur l’éducation dans le monde occidental. De nombreuses écoles un peu partout dans le monde se revendiquent d’ailleurs encore des principes qu’elle a mis en avant.
Après des études en psychologie et en philosophie, elle s’intéresse aux jeunes et élabore son approche pédago-gique. Elle travaille avec des enfants dits « arriérés » et constate que ceux-ci peuvent progresser lorsqu’ils sont mis dans des situations favorables à leur apprentissage.
Comment s’y prend-elle ? Tout d’abord, en adaptant le matériel à la morphologie des enfants (avec par exemple du mobilier à leur grandeur) et en développant des maté-riaux sensoriels et tactiles. Dans cet environnement adapté, les enfants peuvent développer leur potentiel psychique et intellectuel. Maria Montessori le démontre par sa technique d’apprentissage de la lecture et de l’écriture (qui associe le toucher et le son). Pour cela, il convient encore de respec-ter un ordre dans les différents apprentissages, qu’elle nomme « périodes sensibles ».
Elle accorde une égale importance à l’évolution inté-rieure de l’élève et à son développement extérieur, favori-sant ainsi le langage et les bonnes manières, comme l'acqui-sition de compétences et de connaissances. Son approche encourage l’exercice de la liberté d’esprit : la liberté de décision, l’autodiscipline et le sens des responsabilités. Dans le système d’école qu’elle propose, les enfants dé-terminent le moment où ils souhaitent apprendre telle ou telle connaissance ou compétence. Ils le font à l’aide d’un matériel pédagogique spécifique qui encourage la manipu-lation des objets et des matières. L’enfant peut vérifier par lui-même ses acquis ou ses erreurs (avec des modèles ou des tables de contrôle, pour qu’il découvre et surmonte par lui-même ses erreurs).
Dans son modèle pédagogique, la créativité revêt une importance capitale : « N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde aura changé lorsqu’ils seront grands. Aussi doit-on en priorité aider l’enfant à cultiver ses facultés de création et d’adaptation. »

Célestin Freinet (1896-1966)

Célestin Freinet, imprégné des principes de l’ « école nouvelle » et de la pédagogie active, situe le milieu idéal d’apprentissage dans un groupe solidaire. Il se fait en même temps l’avocat du développement du potentiel indi-viduel, de l’apprentissage mutuel et de la communication ouverte.
Traumatisé par la guerre, affaibli psychologiquement et physiquement, à son retour, il tente de développer une approche d’enseignement où l'apprenant devient plus autonome et moins dépendant du maître. Sa condition personnelle et ses opinions quant à leurs capacités d’initiative, de créativité, de capacité de travail et d’expression libre le conduisent à développer une méthode pédagogique innovante.
Au cours de la guerre, il prend conscience de l’égalité des hommes devant la mort, constatation qui in-fluence grandement son orientation pédagogique. Freinet s'engage pour réclamer de meilleurs moyens pour l’éducation et pour faire évoluer la pédagogie. Celle qu’il propose est plus démocratique sur le plan de la relation enseignant-apprenant. Elle remet en question l’enseignement magistral et encyclopédique qui avait cours en son temps. De plus, elle est axée sur le développement de l’élève, par divers moyens et travaux, mettant à contri-bution son élan créateur à travers des textes libres : une correspondance intra et extrascolaire, le travail d’imprimerie, le journal étudiant, les conférences de par-tage de l’information avec le groupe, etc. C’est là une fa-çon de donner du sens à l’école, d'individualiser l'appren-tissage et de soutenir la coopération. Freinet devient ainsi l’avocat de ce qu’il appelle le « tâtonnement expérimen-tal ». L’observation, la répétition et même l’erreur sont autorisées : elles permettent à l'apprenant d’avoir le plaisir de découvrir par lui-même. Il introduit aussi l’idée, alors jugée saugrenue, que l’erreur n’est pas une catastrophe, mais bien un levier pour l’apprentissage.
Dans cette pédagogie, l’orientation choisie est celle de la responsabilisation, de l’intérêt au travail et de la coo-pération. Freinet est convaincu que si le travail est stimu-lant et bien organisé, il suscite un grand intérêt chez les apprenants et devient alors un facteur de motivation intrin-sèque. Ainsi, la discipline se fait beaucoup moins néces-saire. Il est convaincu que l'élève « ne doit plus être une machine qui apprend, mais bien un être qui réfléchit ».
Sa pédagogie, bien que fortement contestée, a fait son chemin, et de nombreuses écoles Freinet ont vu le jour. Cette manière de concevoir l’enseignement est aujourd'hui encore innovatrice parce qu'en dépit d’un discours assez répandu de libéralisation de la pédagogie, nos stratégies demeurent généralement plutôt traditionnelles et notre évolution reste un peu timide.
Ce côté novateur est présent à travers des principes de Freinet qui peuvent encore s’avérer utiles dans nos enseignements. En voici quelques exemples :
  • Développer au maximum la personnalité de l’apprenant, au sein d'une communauté rationnelle qu'il sert et qui le sert.
  • L’apprentissage doit se faire en lien avec la com-munauté. La coopération demeure un principe directeur de cette approche. Les apprentissages se font mieux en colla-boration.
  • Chaque individu est unique et doit trouver une ma-nière personnelle d’exprimer ses particularités. Les tech-niques de Freinet favorisent l’expression orale, écrite et artistique, selon le choix des moyens d’expression privilé-giés.
  • La personnalité se construit avec l’aide d'un forma-teur qui sait mettre l'accent sur la confiance dans les capa-cités créatrices et actives de l'apprenant et lui permet ainsi d’aller toujours plus loin.
  • L’activité est le maître mot de tout apprentissage. Freinet valorise non seulement les têtes bien faites, mais aussi les mains expertes : le tâtonnement et l’expérimentation deviennent des voies privilégiées pour l'apprentissage.
  • La liberté d’expression est une condition de la créa-tivité. Le développement de l’autodétermination et de l’autogestion des apprentissages constitue l’une des clés de cette approche.
  • Chaque individu possède un rythme d’apprentissage qui lui est propre et l’organisation pédago-gique doit le respecter.
  • Le formateur doit jouer un rôle d’accompagnateur, de personne-ressource.

Freinet, avec ses concepts de confiance en l'appre-nant, de liberté au cœur du climat pédagogique et d’une nouvelle relation formateur/apprenant, a exercé une très grande influence sur notre pédagogie.

Charte

Valeurs et options pédagogiques

Valeurs et principes

Les valeurs qui sous tendent à l’ensemble du projet sont l’égalité, la liberté et la dignité de chaque individu.

Nous mettons en œuvre une éducation qui :

  • respecte le rythme, les besoins et les intérêts de l’enfant
  • favorise la coopération, la participation et l’autonomie
  • favorise les interactions et le mélange des âges
  • est axée sur la relation bienveillante et l’écoute active
  • développe la résilience
  • assure le bien-être de l’enfant et soutient son épanouissement
  • construit une communauté plus solidaire et plus respectueuse de l’environnement
  • prend en compte l’enfant dans sa globalité et avec toutes ses potentialités

Orientation pédagogique

Pour atteindre ses buts, l’école se base sur:

  • les pédagogies actives, intégratives, de projet, de coopération et par la nature
  • les avancées des neurosciences et des sciences de l'éducation

 

L’enfant développe :

  • son rôle d’acteur dans l’apprentissage
  • sa pensée critique avec une recherche de solution
  • sa capacité de choix et d’initiatives
  • l’entraide et l’expression de ses émotions
  • son acceptation de soi et sa confiance
  • sa créativité, sa spiritualité et son élan intérieur
  • la conscience de l’interdépendance
  • une responsabilité de son environnement social et écologique

Les adultes s’engagent à :

  • suivre les exigences et les progressions du PER
  • valoriser les apprentissages de l’enfant en récoltant diverses productions et ne pas évaluer avec des notes
  • adopter une attitude bienveillante, calme, exemplaire, disponible
  • pratiquer une communication pacifique et constructive
  • encourager les élèves à la persévérance

Activités pédagogiques

  • un environnement d’apprentissage varié, riche et stimulant
  • dans la salle de classe et dans la nature
  • lieu de vie où l’enfant apprend en faisant

 

Activités dans la salle de classe

  • Activités pratiques (coudre, s’occuper des plantes et des animaux, plier du papier, cuisiner, s’occuper du potager, visiter un apiculteur…)
  • Activités sensorielles (réaliser une gradation avec les barres rouges, réaliser des gradations de couleurs de la plus claire à la plus foncée, construire une arche romaine, reconnaître deux sons identiques et les mettre en paire, reconnaître les notes de musique et réaliser la gradation de gamme de Do avec des clochettes, reconnaître des objets par le toucher [sac à mystère], identifier des matières de tissus différentes [soie, velours, cuir, coton, lin, chanvre] et les mettre en paire, tester de nouvelles saveurs à travers des dégustations, identifier de nouvelles odeurs, ...)
  • Activités langagières (apprendre les sons associés aux lettres, développer la conscience phonémique à partir d’une boîte à objets, composer des mots simples avec l’alphabet mobile,s’exercer à la lecture en associant des mots simples et leur image, …)
  • Activités de géométrie (reconnaître formes et solides géométriques, manipuler des triangles pour former des formes géométriques, …)
  • Activités mathématiques (dénombrer de 1 à 10 grâce aux barres numériques, nommer les signes graphiques qui codent les quantités de 1 à 9 grâce aux chiffres rugueux, représenter concrètement l’unité, la dizaine, la centaine et le millier, …, additionner des grands nombres)
  • Activités de géographie (représenter concrètement la terre, les continents, les pays, …)
  • Activités artistiques (peindre, dessiner, découper, coller, assembler, modeler, céramiques …)
  • Activités musicales (chanter, inventer, rythmer, …)
  • Activités de sciences de la nature (expérimenter la germination, faire des expériences autour de l’eau, …)
  • Activités philosophiques (se questionner sur tout ce qui nous entoure, argumenter et écouter les arguments des autres, se positionner et agir en conséquence) et spirituelles (développer son être intérieur par la connaissance des différents religions et mouvement, se laisser questionner sur les questions de l’absolu, trouver son chemin de développement)

Des moments de rassemblement

Lors des moments quotidiens de rassemblement, nous chantons, lisons des histoires, abordons des notions liées au temps (jours, mois, …), expérimentons la relaxation, partageons les réussites de la journée, abordons le vocabulaire des émotions, donnons des outils pour bien vivre-ensemble, ...

Des projets concrets

  • Chaque semaine, les enfants cuisinent avec l’aide de l’adulte. Cette activité permet d’appréhender le langage, les mathématiques, l’éducation à l’environnement durable, les sciences, la nutrition (la pyramide alimentaire), …
  • Durant l’année, les enfants élaborent un jardin potager bio.
  • Toute autre idée motivante des adultes ou des enfants: construction d’un poulailler, d’une cabane, création d’un spectacle de cirque, préparation d’un concert de Noël, ...

 

     Administration

L'école s'entoure d'un personnel qualifié et qui adhère aux principes qu'elle défend. Pour débuter, elle pourra bénéficier des services  :

  • 2 enseignantes ayant terminé sa formation
  • 1 assistante scolaire
  • des personnes qualifiées pour l'accueil extra-scolaire
  • un soutien administratif (secrétariat, administration, etc.).

La forme juridique de l'école est une association. Il s'agit de l'association Ecole-Demain qui est un collectif qui chapeaute la création d'écoles alternatives dont Notre Ecole

     Membres de la direction

  • Nicole Awais : Dr en théologie, PD en sciences de l’éducation
  • Elisabeth Weissbaum

Nicole Awais est PD Dr diplômée en sciences de l'éducation et a travaillé sur le thème de l'éducation aux droits de l'enfant, l'éducation aux valeurs et l'éducation en vue d'un développement durable. 
Elisabeth Weissbaum a travaillé de nombreuses à la DICS et souhaite mettre ses énergies et ses compétences au service d'une école différente et complémentaire de l'école publique. 

Membres du corps enseignant

Le corps enseignant a été déterminé en fonction de la fusion avec le projet d'Ecole Demain.
Il s'agit d'Audrey Struss (enseignante principale) et de Virginie Christinaz.
La responsable de l'accueil extra-scolaire est Elisabeth Weissbaum.
Cf. https://www.ecole-demain.ch/portraits/

Locaux et installations

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